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L'Ultra Trail du Mont Blanc
L'aventure vous tente?
Voici le compte-rendu d'un naqué de l'an dernier: Thomas
"Petit résumé d'avant mont blanc... Me
voilà début décembre 2005, cherchant un nouveau
défi physique et mental car le vélo ne me passionne
plus et l'esprit qui y règne n'est plus celui dans lequel
je veux évoluer. C'est alors que je me rappel d'une course
de fou autour du mont blanc que j'avais vu dans un magazine de
jogging que j'avais feuilleté par hasard quelques temps
plus tôt. J'en parle à un ami qui me dit connaitre
quelqu'un qui a déjà fait la course deux fois et
me donne son numéro.
N'ecoutant que ma soif de découverte je forme le numéro
et je tombe sur un certain yves... et on parle un peu de cette
aventure qu'il connait tres bien et m'invite tres gentillment
chez lui pour en parler.
Me voilà donc arrivé chez ce coureur tres sympa
et là je decouvre quelqu'un de pationné qui connait
l'epreuve sur le bout des doigts et qui m'en parle en long et
en large avec une telle envie et une telle lueur dans ses yeux
que je comprends que c'est le défi qu'il me faut.
Je rentre chez moi et je dis à mon épouse que je
vais acheter ma première paire de chaussure de jogging
et je vais me mettre à courrir. Elle dit que je suis fou
et se demande ce que j'ai encore inventé comme truc débile...
Et la découverte commence par le trèfle à
olne, 42 kms de chemin et de route et cela ce passe pas trop mal,
je termine dans un etat tres correct. J'enchaine avec la magnétoise
en février avec mon premier 64 kms et la encore ca va pas
mal du tout malgré la decouverte de nouvelle sensation
que je ne connaissais pas dans mon sport précédent.
Suive d'autres courses comme la bouillonante ( 42 kms ), les caracolles
( 60kms ), le trail des cerfs ( 55kms ), la ronde des nutons (
endormi au 99 kms ) ainsi que beaucoup d'entrainements longs avec
mon nouvel ami, yves...
Arrive le mois d'aout avec une fin de preparation un peu
chamboulée à cause d'un tendon douloureux et de
quelques petits problèmes perso. Mais bon tant pis, advienne
que pourra...
Me voilà donc à bord de la camionnete qui nous emmène
vers cette aventure. Yves, Georges, Jean-marc et Alain sont à
bord et l'ambiance est au top durant le voyage et dans les jours
qui précèdent le grand départ. Rien que pour
ca on a déjà tout gagné de venir...
Arrive le vendredi 25 aout...
Après-midi : on se prépare, yves manque de
peu de passer le mont blanc bloqué dans les toilettes de
la patinoire...
18h50 : ensemble sur la place de Chamonix, Georges verse
une petite larme seul de son côté ( et oui je t'ai
vu ), Yves et Jean-marc savent ce qui nous attends et moi je me
demande ce que je fais là après seulement 9 mois
d'entrainement je d"fie un mythe de la course à pied...
19h00 : Départ, 2500 coureurs s'élancent pour
combien d'heures??? Combien arriveront sur cette place apres avoir
bouclé le tour???
Chamonix - les Houches : 8kms bouclé à l'aise
avec Georges et Jean-marc. Yves est en retrait à cause
de son genou. Je ne le sais pas encore mais c'est la dernière
fois que je suis avec eux jusqu'à dimanche matin.
Les houches - Col de Voza : Premier col ( 5 kms ) et premier
dénivelé, ca passe pas trop mal et la nuit tombe
quand je bascule dans la descente. Jusqu'ici, tout est ok, les
jambes sont bonnes, la tête est bien, quelques réglages
de sacs, mise en place de la frontale et on continue...
Col de Voza - Les contamines ( 12 kms ) : Première
descente de nuit, les sensations sont bonnes. Il faut dire que
c'est mon point fort les descentes. J'adore... du moins pour l'instant...
Tout est ok et j'arrive au ravito des Contamines dans une haie
de spectateurs qui encourage les fous du mont blanc. L'ambiance
est à son comble, je retrouve des ambiances d'arrivées
dans des étapes de montagne, c'est génial. Je me
demande ou se trouve mes compagnons, je fais le plein du camel
back, de nourriture et je repars...
Les Contamines - Col du bonhomme : La nuit est déjà
bien entamée et la température baisse, baisse, baisse
( -7 à ma montre au plus froid de la nuit! ), je m'arrete
pour m'etre ma veste apres une longue montée car je commence
à etre tramblant de froid et je repars en direction du
ravito suivant ou je rertrouve Alain. Je lui dis que je suis content
de le voir et lui propose de faire route commune un petit moment.
On repart et on termine l'ascension de ce col qui culmine à
plus de 2500 mètres. Au dessus je me retourne et vois un
long serpentin de lumière dans la nuit... Magique...
Col du bonhomme - Les Chapieux : On se lance dans cette descente
humide et super technique. Beaucoup de chute autour de nous et
autant d'espoirs ruinés de terminer... On passe à
travers et nous arrivons aux chapieux, 44kms depuis Chamonix et
tout est toujours ok, les jambes sont là, le mental au
plus haut. Je me demande si je ne suis pas partis un peu vite
et faire route avec Alain est peut etre dangereux car il sait
ce qu'il fait, il a déjà terminer deux fois et son
métier est son avantage... Il est instructeur de survie
pour les pilotes à l'armée belge!!! Tant pis, on
verra...
Les Chapieux - Col de la Seigne : On repart apres une bonne
soupe bien chaude et commence un nouveau col dans la nuit. Ca
débute par une longue portion de route dans laquelle Alain
pousse un train d'enfer... 4kms du sommet, je craque..., j'ai
vraiment beaucoup de mal à avancer, hypo, mauvaise gestion
au niveau ravito, froid, 50kms en montagne,.... Est-ce déjà
la fin de l'aventure??? Quoi qu'il en soit, il faut rejoindre
le rpochain point d'assistance, j'avance comme je peux et j'arrive
enfin en haut du col...
Col de la Seigne - Refuge Elisabetta : Je me lance comme
je peux dans la descente et decide d'effectuer le plat de liaison
jusqu'au pied du col suivant en marchant afin de me refaire une
santé. Je marche donc, je mange et je bois.. Je me rends
compte assez vite que les autres autour de moi sont dans le même
état et cela me rassure... J'attaque la montée tranquille
sans me mettre dans le rouge et j'arrive au sommet avec le lever
du soleil... Magique, il n'y a pas de mots...
Refuge Elisabetta - Courmayeur : Une magnifique descente
ou je retrouve de bonnes sensations, le coup de moins bien est
passé et je peux de nouveau demander plus à mon
corps et me faire plaisir dans cette longue descente pas tres
technique et avec un soleil qui commence à me réchauffer
de cette nuit glaciale...
J'arrive à la première base de vie à Courmayeur
à 9h45. Premier constat: 14h45 de course et 76 kms parcouru
avec 4000 metres de dénivelée... Je suis content
d'atteindre ce premier pbjectif que je m'étais fixé
secrètement. Je retrouve Alain arrivé depuis 20
min et les autres belges du chalet ou on loge... Pas de nacqués
à l'horizon. Je mange un gros plat de pâtes, me détends
un peu, refais mon sac et puis je repars à 10h40. Je ne
veux pas rester trop longtemps car Yves m'avait prévenu
de ne pas trop traîner dans les bases de vie car c'est comme
ca que l'on abandonne...
Courmayeur - Bertone : Pas un tres long passage mais une
côte abominable en plein soleil avec un pourcentage monstrueux,
je souffre, j'ai chaud, je bois, je n'avance pas. Je suis dépassé
par une dame qui promène avec son chien et je suis dégouté
car elle n'a vraiment pas le physique de la sportive. Je vis mon
deuxième passage à vide, mon corps n'en veux plus,
il n'en peut plus. Arrivée au refuge de Bertone dans un
mauvais état. Je suis rejoint par quatre belges qui logent
avec nous pour le w-e et ils m'encouragent à continuer.
Bertone - Arnuva : Une longue corniche avec vue sur les Jorasses.
Pour moi le plus beau passage au niveau paysage sur tout le tour.
Je repars donc en compagnie de mes colocataires et là sans
savoir pourquoi la machine se mets en route et je suis déchainé,
je passe d'un état lamantable à une euphorie totale.
Je suis bien, de supers bonnes sensations, des jambes de feu,
un moral retrouvé et je galope comme si je n'avais pas
encore fais un mètre...
Arnuva - Grand col Ferret : Apres le ravito j'attaque le
col le plus haut de ce Mont banc... Toujours dans mon passage
de forme exceptionnel je fais une très bonne montée.
Je passe au sommet au moment ou le premier passe la ligne d'arrivée
à Chamonix. Il est 16h06. Il a bouclé la course
en 21h06, nouveau record!! Alors que je viens de passé
le 93kms. Il m'en reste encore 65 à faire. Impressionant
cette différence...
Grand col Ferret - La Peule : Descente assez roulant mais
quand même beucoup de cailloux et de changements de rythme
mais ca me convient toujours. J'arrive au point de controle et
de ravito suivant dans une bergerie suisse surchauffée
et ca c'est le coup de grace. Chute de tention, vomissements,
vertige.... Je suis vraiment mal et je me demande comment je vais
faire pour me remettre de ca et continuer. Continuer, c'est bien
de cela qu'il s'agit. Je me dis qu'il faut avancer encore et encore
et je repars donc mais dans un sale état...
La Peule - Champex : Je continue donc ma route le long de
cette vallée et voilà qu'arrive la pluie... Que
dis-je, le déluge. Sans le savoir, cela ne vas plus me
quitter jusqu'à Argentière soit 45 kms de pluie
sans arret de jour et de nuit... Cette partie est assez ennuyeuse,
le long d'un court d'eau et j'arrive à Champex ( la deuxième
base de vie, km 117 ) à la nuit tombée. Je rentre
dans la tante et une brave dame me propose un plat de... frites...
incroyable. J'ai opté pour les pâtes et la boisson
chaude qui ne m'a pas quitter tout le long, la soupe au poulet/vermicelle.
Je me fais masser et là le kiné me dis que j'ai
une tendinite aux releveurs... Ne me demandez pas ce que c'est
mais ca fait super mal. Il me dis qu'il vaut mieux arreter. Je
tel à Yves qui m'apprend qu'il a abandonner ainsi que Georges
et Jean-marc... Il me dit continue et si ca va pas tu stop au
prochain ravito... Je réflechis, je phone mon épouse,
je discute avec olivier ( belge du chalet )... Je prends tout
les paramètres en compte et me décide à repartir
avec deux de mes colocataires et d'aller jusqu'ou je peux, on
verra bien, ca passe ou ca casse....
Champex - Vallorcine : Me voilà donc toujours en course,
sous le déluge, dans lebrouillard et le froid... J'arrive
au pied de Bovine et je me rappel de Yves qui m'a mis en garde
contre ce passage qui a été le plus dur pour lui...
Imaginez, une côte de 3kms que les premiers franchissent
en 55min!!! C'est affreux, plein de rocher partout, limite escalade,
en plus rendu glissant par la pluie. C'est super dur mais contre
tout attente, me revoilà sur mon nuage et dans une forme
exceptionnel. J'avale la côte en 1h15 et je m'enfonce dans
les alpages en courant d'un bon rythme vers le col de la forclaz
en ratrappant enormément de monde.
Je fonce toujours vers Trient, le prochain ravito, dans une
descente super gadoue mais j'adore... Plusieurs chute sur cette
partie mais rien ne me freine, je suis déchainé...
J'attaque la montée des Tseppes, dernières
grosses difficultés du parcours... Je jette ce qui me reste
de force pour passer ce dernier col au plus vite et pour me motiver,
je chante à tue tête durant toute l'ascension. Et
ca marche, je passe cette dernière côte sans problème
et me mets à penser que plus les kilomètres passent,
meilleur je deviens dans les côtes... Encore, encore,...
Arrivé au sommet, je veux m'arreter pour enlever les
cailloux de ma chaussure et je vois un banc, je m'y pose et BOUM,
première hallucination, il n'y a pas de banc... On m'avait
prévenu que cela arrivait mais de là à voir
un banc... Je suis loin, très loin au delà de mes
limites connues...
Je me lance dans une descente très très glissante
et technique mais je m'en sors encore bien. J'arrive sur un chemin
plus large et là tout d'un coup, plus rien... Mes forces
m'abandonnent, le moral en prend un sacré coup et je me
traine d'une facon si lente que je me demande si je vais pouvoir
terminer. Je rentre dans un petit sentier forestier en descente
et ma deuxième hallucination vient. Je vois des gros rochers
blancs se transformer en tête d'homme qui veulent me manger.
Ne suis je pas aller trop loin??? Et puis à partir de là
jusqu'au ravito de Vallorcine, c'est le trou noir... Je ne me
rappel de rien du tout... Je ne sais pas comment est le chemin,
combien de temps il m'a fallu pour rejoindre le ravito, si il
y avait un chemin ou de la route... J'étais complètement
absent. J'avancais comme un zombie... C'est inquiétant.
Ensuite je me retrouve dans cette maison à Vallorcine
avec un café en main. C'est une chose historique car il
s'agit du premier café que je bois de ma vie... Jamais
une goutte avant ce moment là. Je trouve ca dégeu
et c'est peut etre ca qui me réveil et me donne le coup
de fouet pour repartir.
Vallorcine - Argentière : Partie pas tres longue et
pas tres dur. Passage du col des montets, le dernier répertiorié
mais rien de dur par rapport à ce qu'on a déjà
passé. Le jour se lève, le courage revient, je ne
sens plus rien de mon corps, il est meurtrit, complètement
exploser mais il faut continuer, l'arrivée n'est plus très
loin et je sais que mes amis nacqués m'attendent.
La pluie s'arrete enfin et le soleil fait une petite apparition.
Arrivée au dernier ravito à Argentière.
Deux bon sandwich au paté me redonne l'envie et je demande
comment est la fin du parcours et une gentille dame me dit qu'il
reste 9 kms facile le long de la vallée...
Argentière - Chamonix : 500mètres de route,
tournant à droite et dernier chemin dans la montagne...
Je donne tout ce qu'il me reste pour en terminer au plus vite
mais le dénivelé de cette dernière partie
est très important. La gentille dame du ravito se transforme
en mèchante sorcière et je la maudit de m'avoir
dit que c'était facile. Côtes interminables et descente
technique se succèdent, je n'en peux plus et je craque...
Au dessus de ce qui va s'avèrer etre la dernière
côte je m'assieds et je fonds en larme... Je me rends compte
que c'est la fin de l'aventure, que je vais boucler cette anneau
magique, que je vais être finisher de l'ultra trail du mont
blanc... 158 kms, 8500 mètres de dénivelé...
Je rentre dans Chamonix en courant, il est 9h00 du matin.
Les gens applaudissent, me félicitent... Quel sentiment
de joie, de fierté...
Dernier tournant à gauche, je vois mes potes nacqués
qui sont là en train d'hurler, ils sont heureux pour moi.
Petite tape dans les mains au passage et puis il me reste dix
mètres pour franchir la ligne...
C'est fait.... en 38h10
Voilà les amis, mon aventure au mont blanc. Depuis
lors, il n'y a pas un jour ou je n'y pense pas et j'attends avec
impatience le 7 janvier pour pouvoir me réinscrire pour
2007. Malgré les sacrifices, les soufrances pendant et
après, j'en redemande... C'est tellement beau.
A bientôt sur les chemins...
Que le vent porte vos foulées..."
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