Nivelles Athlétic Club

 

Marathon de Cologne 2007: le compte-rendu de Serge Alexandre

 

Serge:


"Petite histoire du marathon de Cologne des « sœurs jumelles » Olivier et Serge

Super engouement dimanche matin, nous quittons Nivelles à 6h00 direction Cologne(motivées les jumelles).
Route dégagée un peu de brouillard….une belle journée qui s’annonce..(tu parles).

Arrivé à Cologne deux heures plus tard, nous voilà sur le parking bien dans les temps, plus que le dossard à aller chercher, repérer les lieux, faire les multiples pipi d’avant courses, manger un peu de coquillettes préparées la veille avec beaucoup de soin et d’amour comme si de ça dépendait nos performances(ce serais trop beau).

Enfin prêt, en tenue, on chop un gus pour nous prendre en photo tenue du Nac oblige, pour le souvenir et puis pour ce dire plus tard ….tu te souviens ! ! !

Direction la ligne de départ, il reste une petite heure avant de commencer notre aventure.
Quel stupéfaction, ils sont deux et seulement deux dans ce couloirs de départ juste après les élites…c’est nous ! !
On commence à se poser des questions, où sont-ils tous les autres , c’est une blague, ils se cachent, et ben non, simplement sont pas pressés les autres, y zont bien le temps, no stress, cool on arrive, ya pas le feu ! !
Dix minutes avant le top, c’est blindé de monde, ça bouscule, hoooo on étais là avant….pas pousser.

On règle nos montres, ok on peut y aller… top c’est partis, et merde pourquoi j’ai pas de puls, y déconne mon bidule il affiche 0 ça commence bien, j’attend, peut-être mon cœur va revenir, peu pas être bien loin….
Remerde, je perds une pipette miracle dans l’aventure, ça continue et toujours pas de cœurs en vue, y commence à me gonfler celui-là, il est temps qu’il se réveille.

Dans la foule nous entendons « allez le Nac » pas vus qui c’est mais le Nac n’est pas inconnu pour certains, ça fait plaisir à entendre.

5 premiers km, parfait, bien en jambe tous les deux, évidemment trop vite, 4’10-4’15 du km, le bourreaux nous a préparé pour courir à du 4’30….. faut ralentir me dit Olivier, l’a raison le garçon, moi qui cours au puls, sans cœurs suis un peu perdu, faut que je me fie aux distances et que je cours au chrono…. Pas l’habitude mais mon compagnon de souffrance se charge du rythme parce que lui il a pas laissé son cœurs au vestiaires et nous voilà repartis en cadences.
10éme km très bien mais encore trop vite, 15km, 2Okm, Semi, toujours en avance sur le timing, pourvus que ça dure…
25èmekm, faut vraiment ralentir si on veux finir dans les temps, facile à dire mais quand la machine est partie c’est difficile de l’arrêter mais on se résout à consentir un léger effort pour retomber en 4’25-4’30 du km.

30ème km on tourne à du 4’35- 4’40 du km, je sens qu’il y a un problème, on fléchis de trop ,on commence à encaisser notre fougue du départ….pourquoi j’ai pas écouté les conseils de nos habitués du marathon (José,Serge1,Serge2 et les autres…) maintenant va falloir tenir, mordre sur sa chic et souffrir bien sûr.

Il fait un temps superbe, soleil, légère brise parfois venteuse et un public présent partout, très chaleureux, beaucoup avec une bière à la main et moi je sue, et je pourrais être assis là dans ces pelouses au soleil à regarder ces gars qui courent en faisant des grimace tout en me délectant d’un bonne pînte….y a pas de justice dans ce bas monde ! ! !
Bon courage Lisette, la journée est pas finie.. je reprends mes esprit, j’arrête de penser à tous ça et je me reconcentre sur ma course.

Olivier commence à ressentir la douleur de sa cuisse( faut que je vous précise qu’après 8 semaines d’entraînement il a fallu que mon cher Olivier se fasse mal en donnant cours jeudi dernier en gym, avant le départ il y avait encore un doute sur sa réussite mais n’écoutant que son courage et sa volonté il n’a pas hésité, nous sommes partis, pour le meilleurs et pour le pire…..si je connaissais le con qui a inventé cette expression..)

32ème km Olivier me dit de partir, de ne plus l’attendre qu’il finiras à son rythme, la mort dans l’âme, les « jumelles » se séparent, je profite de mes sensations encore intactes pour maintenir mon rythme le plus loin possible.
Jusqu’au 40éme km je ne sais plus très bien ce qui s’est passé, les km ont défilés et les ravitaillement aussi.

Quand j’ai aperçu le panneaux 40km, petit coup de fouet au morale, enfin ça y est, j’y suis c’est la fin…et ben j’étais pas au bout de mes peines, j’ai jamais vus dans ma courte carrière de coureur une fin de course aussi longue, mais où qu’elle est cette put… de ligne d’arrivée, plus je cours et moins j’avance, c’est pas normal j’ai du nougat dans les guibolles, je m’efforce de rassembler ce qu’il me reste d’énergie pour une dernière accélération, finir en beauté, de toute façon le chrono c’est foutu, encore un effort c’est au prochain virage, et merde non c’est pas là c’est après le pont et remerde non c’est pas encore là, j’ai le moral qui vas lâcher, je parle pas de mes cannes, il y a longtemps que je les sens plus, elles me portent c’est l’essenteil.

Ahaaaa, j’aperçois enfin la ligne d’arrivée, pourquoi ils l’on mise si loin, plus que 400m ,je sprint (enfin c’est ce que je crois) voilà les tapis…c’est finis j’y suis arrivé, finis la souffrance…..mon œil
J’ai une pensée pour Olivier, est-ce que ça vas pour lui, où est-il, j’ai hâte de le voir arriver.

Direction à boire et du miam, j’ai très soif et pas moyen de trouver de l’eau plate, des bulles dans chaque boissons, coca, eau, thé, bière (et oui) tant pis je bois plein de bulles, sont fou ces germains.

Et c’est là que la surprise est arrivée, sans prévenir avec une rage et un acharnement hors du commun et tellement nouveau pour moi, LA crampe au mollet, je m’effondre en criant de douleur, que faire avec ce mollet qui se raidis à vue d’œil , autour de moi tous me regardent avec effarement, et puis dans la foule un brave qui à reconnu mon cris de Belge qui s’avance, « tu veux que je t’aide à la faire passer, bouge pas je m’en occupe », avec plaisirs et gratitude je lui fait signe que oui parce que je sais pas répondre j’ai trop mal.
« Le Nac, Nivelles, je connais ce nom » me dit-il, « je viens d’Arlon avec des potes mais nous nous sommes perdu en courses, content d’avoir pu aider un compatriote en difficulté » me dit-il.
Et qui dit qu’il n’y a plus d’identité nationale en Belgique….merci l’ami, solidarité entre coureurs, un exemple à suivre.

Enfin je parviens à me relever avec difficulté, et je pars à la recherche d’Olivier que je retrouve appuyé contre un piquet en pleine séance de souffrance, j’ai mal merde j’en peux plus me dit-il, « plus jamais » retenez bien ça, on en reparlera.
Nous décidons de nous rendre au massage, ça ne pourras que nous faire du bien, il y à une file d’attente mais tant pis on reste et on attend, je sens que mes mollets se contractent, la crampe est de retour et merde de l’autre côté aussi ça se durcis méchamment, help help je sens que je vais hurler ouf c’est mon tour, deux charmantes dames m’aident à me mettre sur la table et là rebelotte c’est repartis, elles aperçoivent mes mollets qui dansent le djerk, elles empoignent chacune une jambe et commencent faire passer mes crampes, merci mesdames..
S’ensuit un massage des jambons et des mollets(enfin ce qu’il en reste) le tout à l’huile pour bébé, ça fait un bien fou, encore merci mesdames.

J’attends un peu Olivier qui se fait décontracter de la tête aux pieds, crampes dans le dos, les cuisses, les adducteurs, les mollets, la totale.

Après ça récupération du bardas, direction la tomobile et retour au pays calmement en s’échangeant nos anecdotes de courses ….vivement ce soir qu’on se couches.
Et dire qu’on remettras ça bientôt.

Je ne pourrais terminer ce petit mot sans une pensée profonde pour notre Bourreaux, merci pour ton aide au travers de notre préparation, merci aux marathoniens du club pour leurs précieux conseils et leurs encouragements tout au long de notre préparations et merci à tous nos compagnons de souffrances qui au travers de ce témoignage se reconnaîtrons un peu .

Enfin je souhaiterai faire une petite requête à notre cher président ; ; ; ; ne serais-il pas possible d’inscrire sur les maillots du Nac « Belgique » en grand dans le dos bien visible, parce que le nombre de spectateurs qui nous prennent pour des français à cause des couleurs, c’est effarent et fatiguant en courses de crier « non, c’est la Belgique ».
J’veux pas être chauvin mais même si l’avenir politique est incertain, ce qui l’est c’est que nous ne sommes pas frenchies."

Serge 3