Nivelles Athlétic Club

 

100 km de Royan 2011

Vincianne et Valérie sur le podium!

Le compte-rendu de Marc

"Samedi 15 octobre 5h15, nous nous rendons au stade d’Honneur de Royan où a lieu les départs des cyclistes accompagnants et coureurs participant au 100km de Royan.
Il fait froid et même très froid… Alain avec son éternel bonnet péruvien et Vincent emmitouflé dans 4 pulls sont prêts sur leur vélo « équipés » pour l’occasion. 5h45 les cyclistes s’en vont pour rejoindre le km 5 et attendre leur coureur. En ce qui nous concerne à Carine et moi nous restons au stade pour voir le départ de Vincianne et Valérie. 5h55, partent un aveugle et son guide, 750m sur la piste en cendrée et ils s’en vont sous les applaudissements des autres coureurs et du public présent. 6h00, ça y est les coureurs partent à leur tour, parmi eux bien sur Vincianne et Valérie. C’est une première pour Vincianne et Valérie en est à son 2ème. 21 dames au départ.

A la sortie du stade, Vincianne prend les devants sur Valérie pour quelques mètres. Un 100km n’est pas une course comme les autres… Même un marathon n’est pas comparable. Il est dangereux et même déconseillé de prendre l’allure d’un autre coureur même si son allure semble bonne. La foulée, l’économie de course n’est pas la même chez tout le monde.

Le début du circuit parcoure les rues de Royan pour arriver le long de la digue vers le 3ème km. Il fait encore noir, les coureurs doivent empruntés des trottoirs, des pistes cyclables et tout cela mal éclairé. Km7, Valérie se retrouve à plat ventre à la suite d’une dalle de béton surélevée. Résultat, les genoux, surtout le gauche, le coude, une pommette et un pouce endommagé heureusement sans gravité, quoi que le genou gauche semble gonflé. Elle repart et reprend son rythme. 3 autres coureurs se prendront la même dalle.

Km 10 St Georges de Didonne, les accompagnateurs cyclistes doivent s’arrêter et attendre leur coureur qui part faire une boucle de 300m parsemée de racines sur un chemin très mal éclairé. Cette boucle effectuée, les coureurs repartent vers Royan par le même chemin pris à l’aller. Vincianne compte déjà 2’05’’ d’avance sur Valérie. Chacune est rentrée dans sa course. Chacune reste vigilante en ce qui concerne les embûches rencontrées sur l’itinéraire.

Km20 la sortie de Royan, il commence à faire clair, mais toujours aussi froid. Alain, Vincent, Carine et moi sommes frigorifiés sur nos vélos. Vincianne et Valérie continuent chacune sur leur rythme propre à chacune. Vincianne compte maintenant 3’30’’ d’avance sur Valérie. Je n’arrête plus de faire les navettes entre nos deux athlètes.

L’organisateur annonçait un parcours légèrement vallonné, il est vrai que comparé à Millau ou Belvès, le parcours semble plat. Mais pour vous donner une idée, les casse-pattes ressemblent fort au semi hollandais où nous avions participé lors du voyage du NAC.

Km 28, une traversée dans le sable 200m suivi d’une belle côte.

Km30 St Palais sur Mer, Vincianne continue sur son rythme et compte une avance de +/- 5’30’’ sur Valérie. Aucune des deux ne demande où se trouve l’autre, le 100km est une course contre soi-même et il est donc inutile de savoir où sont les concurrentes. Vincianne est actuellement 9ème dame et Valérie 12ème.

Les participants empruntent les pistes cyclables dans les pinèdes nombreuses en cette région. Les km passent et passent encore, chacune s’alimente comme exercé durant les entraînements, leurs accompagnateurs respectifs sont là pour les servir « sur un plateau tout ce qu’elles demandent… » Eau, boissons hyper glucidiques, nourriture (fruits, compotes, tartines).

Je peux remarquer que Valérie et Vincent sont réglés comme du papier à musique, normal direz-vous, Vincent est musicien… Blague à part, tout a été étudié et essayé entre eux. Le jour de la course, Valérie ne doit rien demandé, Vincent a son pense-bête et donne à Valérie tout ce dont elle à prévu pour la course. Du côté de Vincianne et Alain, cela est un peu moins bien réglé, Alain demande à Vincianne ce qu’elle veut. C’est une autre méthode… Mais il faut plus de temps entre le moment ou Vincianne demande et le moment ou elle reçoit. Cela peut paraître anodin, mais je peux vous assurer qu’après 6h00 de course le temps d’attente semble une éternité.

Km 50, La Palmyre, les Mathes, la mi-course, le soleil perce enfin et la chaleur commence à se faire ressentir pour nous cyclistes... La première est déjà passée depuis longtemps, ce n’est autre que Caroline Dubois, la meilleure performeuse française de l’année. (Elle terminera en 8h14’19’’, 4ème au scratch toute catégorie H/D). La 2ème et la 3ème passent avec un écart de moins d’une minute. D’autres dames passent encore, Vincianne pointe à l’horizon, toujours le même rythme semble t’il, elle est 8ème et compte une avance de 5’15’’ sur Valérie qui est 9ème.

Les km commencent à compter, km58, Ronce les Bains, c’est le demi-tour et retour vers Royan. Vincianne et Valérie vont pouvoir jugée de l’avance ou retard l’une sur l’autre. Elles se croisent se font coucou et continue chacune leur bonhomme de chemin.

Km 60, Vincianne compte 5’14’’ d’avance sur Valérie, au ravito suivant Vincianne s’arrête pour prendre à manger auprès d’Alain, les jambes font très mal, je lui conseille de marcher plutôt que de rester arrêté, ce qu’elle fait, marche quelques mètres et repart.

Km 65, maintenant il fait chaud, Vincianne compte 7’00’’ d’avance sur Valérie, elle semble avoir accélérer l’allure. Cela peut arriver d’accélérer inconsciemment, ce sont les prémices de la fatigue ou alors s’est elle rendu compte que Valérie n’était si loin que cela et a voulu accélérer, elle seule le sait. Il devient difficile de calculer, la fatigue s’installe pour nos deux athlètes.

Km 69, à son tour Vincianne chute, confondant une élévation du bitume avec l’ombre. Les genoux, le coude et la cuisse saigne. Il est certain, la fatigue est bien là. Mais elle repart, du plus Alain n’est pas présent il est parti prendre les devants pour remplir le bidon d’eau au ravito suivant.

Km 75, Vincianne passe en 3ème position et compte encore une avance de 5’33’’ sur Valérie. La chute et surtout la fatigue commence à compter. Il faut mordre sur sa chic et continuer, Alain est là pour l’encourager. Valérie n’est pas mise au courant de la chute de Vincianne, elle continue sur son rythme qui est d’une régularité déconcertante depuis le début de la course, les passages aux 5km se font aux alentours de 29’25’’ à 15’’ près.

Km 80, après le passage du port de la Palmyre, les Mathes retour dans la pinède pour « les montagnes russes » Vincianne est maintenant 2ème dame au scratch, toutes celles qui ont couru devant sauf Caroline Dubois, marchent ou alternent la marche et la course. J’annonce à Valérie qu’elle est à 24’’ de la 3ème dame, elle ne me croit pas, me dit que ce n’est pas possible. Et pourtant c’est vrai, Vincianne 2ème et Valérie 4ème à 3’54’’ de Vincianne et 24’’ de la 3ème.

85ème km, il fait très chaud, surtout pour les coureurs, Valérie est 3ème et ne me croit toujours pas. Repassage dans le sable et nous revenons vers Royan. A la sortie d’un virage et ceci après quelques rues sinueuses je me rends compte que Vincianne est arrêtée au ravito du 90ème km. Je lui crie qu’elle ne doit pas restée arrêtée et marcher ce qu’elle fait immédiatement. 500m mettre plus loin je ne peux qu’encourager en disant « aller les filles » puisque Valérie comme un métronome est revenue sur Vincianne. S’en suit un regard de guerrière de Vincianne et elle replace une accélération à laquelle Valérie ne peut répondre. Vincianne et Valérie entament un sprint de 10km. Je ne peux que les encourager l’une et l’autre afin la 1ère ne se fasse pas rattraper et la seconde rattrape la première. Vincianne reprend jusqu’à 1’20’’ d’avance, Valérie revient à 24’’. Vincianne et Valérie n’en peuvent plus. Je conseille à Vincianne qui est au bord des larmes de marcher 10m et de repartir, ceci contrairement aux indication d’Alain, en me retournant, je vois que Valérie n’est pas loin, je n’ai pas besoin de lui dire quoi faire, elle se connait suffisamment, Valérie marche toujours pour boire, néanmoins je crie afin qu’elle recherche encore au plus profond d’elle-même les ressources pour se surpasser. Ce qu’elle a fait, sur les 5 derniers km Valérie qui a mal partout au même titre que Vincianne, va boire plus que de raison et chaque fois relancer son allure.

Ni l’une, ni l’autre ne peut encore donner plus. Elles dépassent encore 2 ou 3 coureurs.

Km 98, les organisateurs n’ont rien trouvé de mieux que de faire passer les coureurs dans 20m de sable, courir sur une marche qu’ils devront descendre avec un dénivelé de 50cm, repasser dans le sable et remonter des marches pour enfin se diriger vers le stade.

Je me dirige vers le stade et annonce à Carine qui y était déjà, qu’elles sont proches l’une de l’autre. Il reste 1km et tout peut encore arriver…

Finalement, c’est Vincianne qui entre la 1ère sur le stade pour effectuer les 350 derniers mètres avant l’arrivée, Mais elle n’est qu’à mi-stade que Valérie entre à son tour.

A l’arrivée, Vincianne termine 2ème dame en 9h40’43’’ et Valérie juste derrière en 9h41’26’’.

Elles ont montré l’une et l’autre que l’on peut se surpasser et que le psychologique l’emporte sur le physique. Si Valérie n’était pas revenue sur Vincianne, Vincianne n’aurait pas relancé sa course et aurait terminé probablement avec 10’ de plus, ce qui aurait tout de même été une performance. Lorsque Valérie a rattrapé Vincianne, Valérie sans s’en rendre compte a couru plus vite qu’elle ne pouvait l’imaginer, elle termine la dernière portion de 5km en 26’47’’.
Elle pulvérise son ancien record de Belvès qui était de 10h48’.

Bravo à toutes les deux, vous m’avez permis de vivre une course exaltante et pleine d’émotions du début à la fin.

Bravo à Alain et Vincent qui sans compter se sacrifie corps et âme pour subvenir aux besoins de leur athlète préférée.

Merci à Carine qui m’a accompagnée dans cette aventure et est toujours là pour me secondé.

Marc, un entraîneur comblé

P.S. Il sera intéressant et passionnant de lire les comptes rendus des deux principales actrices de ce fabuleux exploit "